Expédition familiale au Laos

La famille De Haas s'envole lundi 24 décembre au grand complet  pour le Laos. 10 jours de voyage pour Pierre, Pascale, Caroline, Etienne, Magali, Marine, Benoît, Raphaël, Luc et Sabine. Vous pourrez suivre leurs péripéties historiques, sociologiques, ethnographiques, gastronomiques, anthropologiques, touristiques, religieuses et culturelles.  Il y aura de quoi rassasier tout le monde :  familles, amis, collègues et camarades !
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Samedi 29 décembre 2007
Pour beaucoup de Laotiens, l’arrivée du parti communiste au pouvoir en 1975 a avant tout mis fin aux conflits qui duraient depuis plus d’un siècle dans le pays. Si une grande partie des élites (étudiants, fonctionnaires, intellectuels, cadres) ont quitté le pays depuis cette date, la majeure partie de la population continue à penser que ceux qui ont amené la paix pourront amener la prospérité.
Lors de leur prise du pouvoir en 1975, les membres du PPRL collectivisèrent les campagnes. Le manque de coopération des paysans (à qui l’ont interdisait de pratiquer leur religion), l’absence de cadres (la plupart avaient fuit le régime) et une corruption très forte firent de cette expérience un échec total. Les premières années du régime communiste furent difficiles pour les populations : baisse du pouvoir d’achat et dégradations des conditions de vie. La confiance dans le parti commença à montrer des signes d’effritement dès 1979. Sur le plan national, le pays dépendait entièrement des financements extérieurs (URSS, Vietnam).
Pour faire face à ces difficultés, le parti entreprit une analyse profonde et une autocritique importante des politiques qu’il avait mises en place (peu commun comme pratique non ?). Il choisit alors de laisser de côté la politique économique de collectivisation pour passer peu à peu à une politique de marché. S’il fit le choix de s’ouvrir économiquement (circulation des biens à l’intérieur du pays, intégration dans un espace régional jusqu’à son adhésion à l’ASEAN), cette libéralisation économique ne fut pas suivie d’une libéralisation politique. Après 30 années de lutte armée contre les Américains, les Français ou encore les Thaïlandais, les membres du PPRL ne comptaient pas renoncer au pouvoir de si tôt.
A la fois à cause d’une absence de « classe ouvrière » en tant que telle (71% de la population est composée de paysans), d’un encadrement très fort des étudiants et d’un renouvellement très lent des cadres dirigeants du parti, les potentialités de contestation de la population sont assez restreintes. Des premières libertés ont commencé à être données en matière de religion (pratique courante du bouddhisme par la population et même par des cadres du parti) mais sur le plan de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, ça n’avance pas. En 1992, trois hauts dirigeants du parti furent condamnés à 14 ans de prison pour avoir critiqué le régime et réclamé un système pluripartiste.
Quand on y regarde de plus près, pas grand-chose de communiste dans ce pays. J’ai expliqué à notre conducteur de Tuk-Tuk médusé que chez nous, l’éducation et l’accès aux soins étaient gratuits. Ici, il faut payer (cher) pour aller à l’école ou pour se faire soigner. Résultats : l’analphabétisme touche encore 50% de la population et l’état sanitaire de la population laisse grandement à désirer (le SIDA fait des ravages). Le libéralisme économique n’a pas apporté non plus la prospérité attendue. A l’heure actuelle, les aides internationales constituent 70% de son budget.

 

Quelques espoirs pour l’avenir : une croissance forte, une région du monde en expansion et une population jeune devrait permettre au Laos de sortir un jour des pays les plus pauvres du monde. Il est urgent que le pays s’équipe en infrastructures pour développer son économie et donc le pouvoir d’achat de ses habitants : routes, écoles, eau courante, électricité… dans beaucoup d’endroits, tout cela manque encore.
par Caroline DE HAAS publié dans : Politique
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Lundi 24 décembre 2007

Le système politique de la République Démocratique Populaire Lao (RDPL) repose sur :

Le gouvernement central, composé :
-  du président : Choummaly Sayasone, élu pour 5 ans (élu le 8 juin 2006)
-  du premier ministre : Bouasone Bouphavanh
-   des ministres : il y en a 28, dont un des plus important est le ministre de l'Intérieur.
Les ministres sont nommés par le président, avec accord de l'Assemblée Nationale

La constitution, adoptée en 1991
 Article 3 : "Le droit du peuple d'être maître de la Patrie pluriethnique est exercé et garanti  par le fonctionnement du système politique dont le Parti Populaire Révolutionnaire Lao constitue le noyau dirigeant."

Le parti communiste

Pays communiste depuis 1975 (2 ans après le cessez-le-feu signé dans le cadre des accords entre les vietnamiens et les américains), il n'existe qu'un seul parti au Laos. Le Parti Populaire Révolutionnaire Lao (PPRL, Phak Pasason Pativat Lao). Le parti décide de la politique gouvernementale par le biais des 9 membres du Politburo et des 49 membres du Comité central

 
Le parti trouve ses origines dans le Parti Communiste Indochinois fondé par Ho Chi Minh en 1930 (voir parti communiste vietnamien). Le PCI, entièrement vietnamien à l'origine, grandit à travers la totalité de l'Indochine française et fut à même de fonder une section Lao en 1936.
 
En 1990, pour le 15e anniversaire du socialisme dans le pays, le Laos a supprimé la faucille et le marteau sur son emblème national, et remplacé le mot socialisme par démocratie et prospérité.

Les organisations nationales qui contrôlent la vie économique, sociale, culturelle et religieuse des habitants. Selon la FIDH : "Ces organisations sont appelées à servir les intérêts du Parti unique avant ceux de la population." Très bien structurées, elles possèdent des bureaux aux trois échelons administratifs locaux (province, district, village) et jouent, par leur entremise, un rôle direct et important dans l’éducation de la population.
 

-  Front Lao l'Edification Nationale : dirigé par le ministère de l'intérieur. Il s'occupe notamment du contrôle des religions.Exemple : depuis 1998, une nouvelle charte doit être signée par les moines bouddhistes. Elle exige que les moines étudient le marxisme-léninisme, envoient des rapports hebdomadaires au ministère de l’Intérieur, obéissent aux directives du Parti de l’État et enseignent un «bouddhisme revu et corrigé» par le Font lao pour la construction nationale

 
-  Fédération des syndicats Lao : elle fédère les organisations de travailleurs.
 
- Jeunesse Populaire Révolutionnaire Lao : elle éduque et entraîne la jeunesse et,
en particulier, les jeunes pionniers à devenir des patriotes et à relayer la cause du parti
 
- Union des Femmes Lao : elle a pour objectifs de promouvoir la situation des femmes dans le pays. 
 
L'Assemblée Nationale, qui est considérée par le Mouvement Lao pour les Droits de l'Homme comme une chambre d'enregistrement. Toutes les nouvelles lois adoptées par le gouvernement lui sont soumises pour approbation, mais ce dernier conserve le droit d’édicter des décrets. Il y a 115 députés.
 
Les gouverneurs qui dirigent les 16 provinces du pays 
par Caroline DE HAAS publié dans : Politique
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